Un Rêve Transformé
J’avais toujours rêvé de le faire. C’est vrai, mais dans des circonstances nettement différentes. Je voulais Lui faire une surprise, celle de ma venue. Je ne L’avais pas vue depuis deux ans maintenant, parce que l’été précédent, un problème m’avait empéché de retourner dans ma ville natale. J’avais déménagé dans un pays étrangé et lointain de la France, aux Etats-Unis, il y a quatre ans. Et depuis, je ne pouvais La voir que seulement une semaine par an ! Totalement insuffisant !
J’avais toujours imaginé des scénarios lorsque je pourrai La retrouver : Complotant avec sa mère, elles seraient venues me chercher toutes les deux à l’aéroport. Ou alors, je serai venue frapper à sa porte, sa mère aurait pris soin que ca soit Elle qui réponde. Je La voyais déjà sauter de joie !
Comme dans mon imagination, une partie s’est réalisée. Une partie de la deuxième solution. Oui, j’avais bien frappé à la porte de son appartement, oui, Elle m’avait bien ouvert la porte. A sa grande surprise d’ailleur !
Tout avait commencé un Mercredi matin. Comme les quatre autres jours de la semaines, je m’etais levée, préparée, et prete pour aller en cours. Comme les autes jours, j’avais eu le droit à ma petite engueulade injustifiée du matin. Arrivée à ce qu’on pourrait appeler mon lycée, je monta dans mon unique salle de classe pour dix élèves. Patiamment, j’attendis que tout le monde arriva, chacun leur tour. Rien de plus banal de ma vie de tous les jours jusque la…
Mais ca ne s’arreta pas la ! Cinq minutes avant le début des cours, je me leva, et fit la bise aux huit personnes présentes. Je ne pouvais pas attendre le dernier, de risque que la professeur me voye. Les élèves paraissaient étonnés, sachant que l’on avait pris l’habitude de dire bonjour à voix haute. Mais ce n’était pas un bonjour. C’était un au revoir. Ca, ils ne le savaient pas. Personne ne le savait. Je sortis de la pièce, prononcant le mot « merci », sous le regard interrogateur de certains, et croisa le dernier arrivant au passage. J’en profita pour lui faire la bise à son tour, et lui dire au revoir. Alors que je tournais le coin du mur, je l’entendis,
- Elle a quoi Emily ?
Je n’entendis aucune réponse, car je me dépechais de descendre les escaliers avant de me faire rattraper par une des filles, ou alors de croiser ma professeur, ce qui pourrait me poser plus de problèmes que voulu.
Finalement, j’étais dehors, seule, à réfléchir. C’était la première fois de ma vie que j’allais sauter les cours sans etre malade. Sachant qu’il n’y avait personne chez moi à cette heure là, je décida de rentrer. C’était assez loin à pied. Un quart d’heure en voiture, ca pouvait bien me faire une heure à pied, connaissant la route. Je ne pouvais pas me permettre un taxi. Je devais garder le maximum d’argent que j’avais avec moi. Heureusement que j’avais fait pas mal de babysittigs auparavant, et que ca rapportait énormément ! J’avais économisé depuis le début pour autre chose, mais je n’en pouvais plus.
Je n’en pouvais plus, il fallait que je parte. Oú ? tel était la question. Je ne savais pas vraiment oú. Ici, aux Etats-Unis, ca risquait d’être difficil. Je n’avais pas vraiment l’intention d’être à la rue, et les seules personnes que je connaissaient étaient soit les élèves de l’école, ou alors des amis à mes parents. Pas le meilleur plan si je voulais m’éloigner de ce monde.
Il fallait alors que je rentre en France. Mais … même si j’en étais sûre et décidée de vouloir quitter ce que j’avais ici, je ne pouvais m’empecher d’hésiter. Aurai-je le courage de tout abandonner ? de quitter ma maison ? ce qui constituait vie ? Même si ca n’allait pas, vraiment pas, aurais-je le courage ? Je ne savais pas. Je savais que je ne pourrais m’empecher d’avoir des remorts, des peurs, … Cela m’inquietait énormément !
J’avais encore le temps de rebrousser chemin, de changer d’idée. Le chemin était effectivement long. Seulement, je ne voyais pas vraiment le temps passé. J’étais plongée dans mes pensées. Je n’avais même pas mis mon mp3 sur les oreilles, tellement j’étais stressée ! Choses assez rare chez moi, me promener sans ma musique. Finalement, je vis ma rue, des maisons voisines, puis la mienne. Ou plutot ce qui était mon habitation. Grace à la clef que j’avais prise ce matin, j’ouvris la porte, la poussa et la referma derrière moi. Mon premier reflexe fut d’aller allumer l’ordinateur. Pendant ce temps, je commenca à rassembler les affaires nécessaires dans un sac : des vêtements, produits de toilette, … Dans mon sac de cours, je pris de la nourriture, des cahiers et outils pour écrire, tout ce que je pensais pouvoir avoir besoin.
J’alla une dernière fois sur internet. Après les sites habituels, j’envoya un e-mail à ma grande sœur. La seule que je respectais et qui pourrai s’inquieter. C’était donc la seule que je prévenais de mon départ :
« M****,
je t’envois cet e-mail pour te prévenir que je suis partie. Je t’enverrai de mes nouvelles dans quelques jours.
Gros Bisous,
Emily »
J’alla ensuite sur le site de Air France, me réserver un billet d’avion. Seulement, je n’avais pas dix-huit ans. Je dus donc emprunter la carte de crédit de ma mère, comme si elle m’achetait un billet. Ce qu’elle me devait bien d’ailleur ! J’avais pris soin de noter le numéro la veille. En quelques clics, ma réservation était finie, l’ordinateur éteind.
Je fis le tour de la maison une dernière fois, pris mes sacs et sorti. Je regardai longuement cette habitation, mais lui tourna finalement le dos. Mon sac de cours sur le dos et l’autre à l’épaule, je commenca à marcher en direction de l’arret de bus, qui arriva quelques minutes après. Je monta, paya et me dirigea vers le fond sous les regards des autres passagers. J’attendis patiamment pendant un certain temps que le bus aille à l’aéroport. Je m’éforcais de penser à autre chose que mon départ, chose assez difficile. J’avais toujours peur...
Arrivée, je descendis, pris mon billet aux guichets électroniques et me dirigea vers la file d’attente pour passer la sécurité. J’avais l’habitude, ca n’étais pas vraiment le problème. J’angoissais surtout. Je ne savais pas si j’avais fait le bon choix. Si quelqu’un me questionnait, qu’est-ce que je répondrai ? Aurai-je assez d’argent ? Deja, j’avais réussi à ne dépenser que cinquante centimes de dollars depuis mon départ. Heureusement j’avais acheté mon billet avec la carte de crédit de ma mère, il ne m’aurai resté que trois cent dollars ensuite. Probablement peu suffisant.
Enfin bref. Pour revenir à l’aéroport, après une heure d’attente infernale et que ma tête avait pensée comme une folle, je pus enfin monter dans mon avion. Je regarda une dernière fois autour de moi. A vrai dire, bien que j’étais sure de moi, j’hésitais de plus en plus. Ca me tracassait énormément ! Mais il le fallait. A présent, pour une fois que j’avais la possibilité de commencer une nouvelle vie, il fallait que je parte.
Je décida de ne pas me laisser embetée par ces idées de doute. Je m’occupa du mieu que je pus : musique, lecture, films, jeux, ... tout ce qui pouvais garder mon attention longtemps sur quelque chose. Et ca marcha ! Enfin... a peu près.
L’heure de descendre, à la suite de six heures trentes de voyage, arriva. Je connaissais très bien cet aéroport, grâce à tous les alleés et venues que j’y avais fait. J’eus donc aucun mal à m’y repérer et à me diriger vers la gare. Il fallait maintenant que je prenne un train pour aller à V******, petit bled à côté de Grenoble. Meme scénarion que l’avion, je m’occupa du mieu que je pus pour éviter de penser à ma fuite. Ensuite, je dus prendre un taxi. Je n’étais pas folle au point de me ballader dans les rues avec mes sacs seule la nuit. Et puis le trajet était de dix minutes, je pouvais bien me le permettre.
Arrivée devant l’immeuble, je commenca à monter au premier étage, m’arretant à chaque porte pour repérer le numéro de Son appartement, qui était situé au sixième étage. Il était très tard maintenant. Avec le décalage horaire en plus, la nuit était bien avancée, si ce n’était pas déjà le matin. Il devait être environ trois heures du matin je crois, si ce n’est plus. Je ne voulais pas les réveiller à cette heure là, je ne pouvais pas le faire, je n’avais pas le droit.
Je m’installa dans un coin, près de la porte. C’est pas ici que quelqu’un pourrai me trouver. Malgrès moi, le sommeil ne venait pas. Il était seulement dans les alentours de vingt et une heure aux Etats-Unis, impossible de m’endormir. Et évidemment, c’est à ce moment là que je pensa. Je pensa à tout et rien. A ma vie d’autre fois, à celle que je venais de quitter, à celle que j’aurai à présent. Ca me faisait peur. Tan de souvenirs se mélangeaient dans ma tête. Je ne pus retenir un instant de plus les larmes que j’avais si longtemps enfermées en moi. Elles sortirent. Je ne pus les arrêter. Elles coulaient, tombaient et mouillaient mes vêtements. Mais cela m’importait peu. Ca faisait du bien. Enfin, je m’étais autorisée, ou plutot elles avaient forcé le chemin, de glisser le long de mes joues.
Je ne me rappelle pas m’être endormie, ou alors, seulement un petit peu. J’avais du me réveiller fréquement, les larmes coulant toujours. Je pus apercevoir le soleil qui commencait à se lever, à travers la fenêtre du couloir. Du bruit commencait à s’entendre par la porte. J’essaya d’essuyer le reste de larmes et de m’arranger un petit peu, en attendant qu’Elle ouvre la porte.
Lorsqu’Elle le fit, une fois de plus, je craqua, laissant couler les larmes afin de former une rivière. J’étais debout, devant Elle, Elle me regardait avec des yeux étonnés. Elle avait du mal à réaliser que j’étais là, devant Elle. Soudainement, elle lacha son sac et me pris dans ses bras. Ce moment que j’avais tant attendu, ce moment que j’avais tan désiré : Etre avec ma meilleure amie, et dans les bras d’une personne. Je me sentais souvent, ou meme plutot toujours seule. J’aurai pu croire qu’il y avait une bulle invisible autour de moi, qui repoussait tout le monde. Cela faisait tellement longtemps que personne ne m’avait pris dans ses bras, que personne avait l’air heureux de me voir. Je m’imposais chez Elle, mais je savais que cela ne la déragerait pas.
Après un long calin dans Ses bras, elle me dit :
- vient ma puce, reste pas là. entre
Je la suivis donc sans pouvoir dire quoi que ce soit. Alors qu’Elle ferma la porte derrière moi, sa mère approcha, se demandant ce qui se passait. En me voyant, elle aussi s’approcha et me pris dans ses bras. J’avais l’impression de trouver une vrai mère, quelqu’un d’attentioné et qui m’aimait.
- em -